Forum du PPHL


 
AccueilFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 Abandonnés des cieux

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
vg11k
Têtard
avatar

Nombre de messages : 8
Date d'inscription : 31/03/2016

MessageSujet: Abandonnés des cieux   Mar 26 Avr - 14:27

Aller c'est parti.
Ca fait longtemps que j'ai des projets reptiliens, il est temps de les concrétiser !
Cependant je ne suis pas expert de l'univers des sang-froids... des erreurs sont donc à prévoir.

Pour ceux qui me connaissent déjà cela ne sera pas une surprise : je posterais la suite à un rythme plus qu'irrégulier. Deux chapitres en une journée ou un en six mois, je ne saurais pas le dire. En attendant, bonne lecture ^^



Intro


Pas après pas, la douleur lui vrillait les côtes. Il progressa entre les imposantes colonnades, laissant une trainée écarlate dans son sillage. Lame ébréchée et sarbacane brisée tombèrent au sol. Toutes deux seraient inutiles désormais. Aucune menace ne viendrait à lui en ces lieux oubliés de toute manière.

Les bâtiments antiques défilaient autour de lui, désertés depuis des siècles et dévorés par la végétation. Péniblement il remonta les allées sans fin. Les ombres s’allongeaient mais il ne les craignait pas. Y aurait-il eu un ennemi, celui-ci n’aurait pu échapper à son regard. Mais Keg’zalt se savait seul. Seul depuis des siècles et jusqu’à la fin des temps.

Les bêtes sauvages n’osaient s’introduire dans la cité oubliée. A l’extérieur en revanche la mort était embusquée à chaque recoin. Sa blessure sanguinolente en témoignait. Las, il s’arrêta face à un édifice en particulier : le sentier tracé dans la végétation s’arrêtait au pied du mur, témoin silencieux de ses allées et venues régulières. Dans une niche en hauteur se trouvait son refuge. Doucement, il posa ses doigts sur la pierre et tenta de se hisser. La douleur traversa son corps, mais il passa outre et se hissa doucement. Ce n’est qu’après quelques mètres d’ascension que ses prises le trahirent. Il chuta et rebondit lourdement au sol, misérable. Ses doigts étaient poisseux d’humeur et ses griffes glissaient sur la pierre. Il ne pourrait pas grimper à son refuge pour cette nuit. Cela n’avait pas d’importance. Il serait en sécurité dans les ruines de toute façon.

A bout de forces il déambula à travers les ruelles méconnaissables ayant cédé à la végétation depuis bien longtemps. C’est après un long moment, hagard, qu’il réalisa où ses pas l’avaient menés. Il se trouvait devant les anciens bassins, asséchés depuis longtemps. L’instant suivant il roulait par terre, s’abandonnant enfin à la fatigue.

Lentement, les étoiles défilèrent sous son regard. Keg’zalt aurait souhaité trouver le repos, pouvoir fermer les yeux et s’abandonner au sommeil. Ou même renoncer, définitivement. Mais malgré ses blessures, son corps s’acharnait à rester en vie. Malgré son épuisement, il ne pouvait fermer des paupières inexistantes. Malgré la douleur et la solitude, il ne pouvait verser de larme. Ne restaient que sa faim croissante et le rythme lent de sa respiration.

Alors que les deux lunes illuminaient son regard toujours attentif, il sentit le vent du nord se lever. Ce vent chaud et sec chargé de poussière qui venait dessécher ses écailles. Ce vent chaud qui lui porta le murmure d’un doux clapotis.

Keg’zalt mit un instant à réaliser que quelque chose clochait. Péniblement, il se tourna sur les coudes et releva la tête. Une souche imposante était tombée dans le creux il y a quelques décades. Et malgré celle-ci, malgré les pierres brisées et les herbes folles, une lueur bleutée émanait du bassin. Il sentit son cœur battre plus fort au creux de sa poitrine en se redressant, toute douleur envolée.

Une fine brume ondulait au-dessus de la surface tranquille. Le liquide diffusait cette douce lumière qui avait attiré son attention. Et, minuscules, de fragiles têtards se tortillaient devant le caméléon ébahi. Après plusieurs millénaires, le bassin de frai venait d’apporter la vie à une toute nouvelle génération. Keg’zalt n’était plus seul.


Dernière édition par vg11k le Mer 5 Juil - 0:53, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://vg11k.tumblr.com/
Teotiqax
Apu-Kroxigor
avatar

Nombre de messages : 908
Age : 1019
Localisation : Zlatlan
Date d'inscription : 19/09/2011

MessageSujet: Re: Abandonnés des cieux   Mer 27 Avr - 22:35

Bon, j’ai lu (je l’ai vu hier mais trop fatigué^^’) du coup que dire…
Si il y a bien un truc que je peux pas reprocher c’est sur la forme, c’est propre, fluide, sans surplus et pas de fautes, comme souvent happy

Sur le fond que dire… je ne vois pas d’erreur de fluff en soit^^ Je pourrai bien dire que chez nous les caméléons ont des griffes et pas des coussinets adhérents, pas des geckos après tout, et que donc ça doit être pareil dans le monde de warhammer mais là je chipoterai énormément^^

Toutefois je trouve ça intéressant, l’idée du bassin de frais qui donne quelque chose après longtemps n’est pas nouveau à ma connaissance mais il faut bien admettre que ça marche toujours puis que ça peut donner un truc vraiment bien je pense happy

Du coup j’espère que la suite ne viendra pas dans 6 mois x)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
arkx
Kapac Skink


Nombre de messages : 120
Date d'inscription : 07/06/2014

MessageSujet: Re: Abandonnés des cieux   Mer 27 Avr - 23:54

Je l'ai lu une fois hier soir , et je viens de le relire , vraiment sympa , c'est fluide et ça se lit bien.
Le mot coussinet m'as fait tiquer parce que de mon point de vue et du point de vue du fluff je crois que les caméléons n'ont pas de coussinets mais c'est aussi parce que ce n'est pas un mot que j'affectue particulièrement donc j'ai pas aimé XD
J'aime bien les histoires alors j'espere une suite bientot, l'intro me donne envie de lire la suite Smile
N'étant pas écrivain mais uniquement lecteur , je ne pratique pas cette art , je peut pas te donner plus de conseil désolé
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
vg11k
Têtard
avatar

Nombre de messages : 8
Date d'inscription : 31/03/2016

MessageSujet: Re: Abandonnés des cieux   Mer 5 Juil - 1:57

Mais qu'est-ce qu'il vient faire de la nécromancie au milieu de la nuit le vampire...

Ben pour être franc... c'est pour la bonne cause  Mr. Green

En effet, passant sur votre forum, j'ai réalisé que j'avais publié ce petit texte d'essai sur les hommes-lézard il y a maintenant un an (HAN). Et que depuis facilement 6 mois j'avais trois pages qui trainaient dans un .txt planqué dans mon ordi... Enfin ça c'est pour la ptite histoire. Pour la longue : j'ai prit mon clavier à deux mains et rédigé la ptite page qu'il manquait pour pouvoir partager une suite !

Merci à tout deux pour vos remarques, notamment sur les coussinets. J'ai révisé mon anatomie des caméléons en en effet, contrairement à ce que j'imaginais, ils n'ont pas de "ventouses" sous les pattes. Juste des griffes. J'ai corrigé cela il y a une dizaine de mois. (l'edit de tout à l'heure concerne une tournure qui ne me plaisait plus).

Enfin, trève de blabla. Je vous laisse profiter et vais essayer d'être plus rapide pour la suite   :whistling:



Chapitre 1


Porté par les courants aériens, il survolait l'imposant complexe dans en silence. En quelques instants il se retrouva au-dessus de son objectif dont la couleur tranchait avec les pierres alentours. Traversant son territoire de chasse, il avait remarqué l'apparition brutale de cette nouvelle mare. Ainsi que les proies facile qui y avaient déjà élu domicile. Rien ne pouvait échapper à son regard perçant, pas même la menaçante créature bipède qui rôdait en permanence près de celle-ci. Et celle-ci était justement absente en ce moment même. Comment refuser un tel festin, offert par la providence ?

Incurvant ses ailes volumineuses, il sentit le tapis d'air gonfler son plumage comme il amorçait sa descente. Tournoyant, attentif au moindre détail, il cherchait la bête si souvent vue dans cette partie de la forêt. Une bête solitaire, incapable de le suivre dans les airs. Mais son instinct lui intimait de ne pas s'y frotter. Prudence comme lâcheté étaient des concepts étranger au rapace dont les griffes se plantèrent dans l'écorce. En revanche, il savait se montrer opportuniste quand l'occasion se présentait. L'arbre où il venait de se poser plongeait dans la mare étonnamment fraîche à l'ombre d'une structure dévorée par les plantes grimpantes.

Une dernière fois, il balaya l'endroit de ses grands yeux jaunes. Le lieu était désert. Il était seul. Seul avec ses proies. Celles-ci se tortillaient sous la surface de l'eau. Inclinant la tête, il en estima la profondeur à présent qu'il avait osé s'en approcher. Et en conclut qu'elle était plus profonde qu'il ne s'y serait attendu, mais surtout, pas assez pour dissimuler un quelconque prédateur embusqué. Même si dans les profondeurs il pensait discerner… sous les remous causés par les gros têtards… Avide de découvrir un met inattendu, il approcha son bec de l'eau…

Un mouvement suspect le fit bondir de côté. L'instant suivant une douleur fulgurante lui traversa le poitrail. L’imposant rapace roula de côté en lâchant un cri assourdissant et dévala les quelques marches du bassin, bâtant des ailes pour se redresser. Bondissant du muret végétal surplombant ses protégés, le reptile aux écailles bigarrée se redressa en brandissant une seconde javeline. Bien que blessé, l'oiseau mesurait facilement deux fois la taille de Keg'zalt pour une envergure des plus impressionnantes. Et était doté d'ergots acérés. Tentant maladroitement de redécoller de battements d'ailes furieux, il fouetta l'air de ses pattes et essaya de taillader l'homme-caméléon. Mais celui-ci le prit de vitesse et chargea, bondissant au-dessus des serres tranchantes. La seconde javeline pénétra profondément l'épaule de l’intrus, un nouvel élan lui paralysant l'aile dans la foulée. Tout deux retombèrent sur le sol pavé dans un amas confus d'écailles et de plumes.

Quelques moments plus tard le calme était revenu sur les ruines. Péniblement, Keg'zalt se redressa. Ses doigts épais étaient encore fermement serrés sur les manches de ses armes. Il secoua la tête, puis abandonna là la dépouille de son ennemi. Malgré la plaie profonde à sa hanche, il se traîna sur trois pattes jusqu'au rebords du bassin. Impassible, il laissa toutefois transparaître son soulagement lorsque ses épaules s'affaissèrent. Ses protégés n'avaient rien.

Tournant son regard vers l'imposant rapace, il l'étudia longuement, mettant de côté la douleur lancinante qu'il éprouvait. Voila trois jours qu'il avait remarqué le manège du rapace géant. Après une première approche alors qu'il avait la négligence de consulter les autres bassins de la cité, il c'était contenté de survoler les lieux en planant très haut dans le ciel. Mais le regard de Keg'zalt ne cillait jamais, pas même au zénith. Et sa patience ne souffrait aucune rivale. Il avait attendu embusqué pendant toute une journée, accroché dans le lierre et imitant le motif complexe des entrelacs végétaux. Le reptile était parvenu à tromper les sens affûtés de l'oiseau. Et venait d'obtenir de quoi se sustenter pour les jours à venir.

Le caméléon l'ignorait, mais il était le doyen de toutes les créatures de la jungle. Et il pratiquait l'art de l'embuscade depuis sa prime jeunesse avec un talent perfectionné au fil des siècles.

L’astre brûlant poursuivait inlassablement sa course, jours après jours. Et malgré l’épreuve de la chaleur, Keg’zalt continuait à surveiller le bassin, attentif de l’aube au crépuscule. Et pourtant le nouveau jour trouvait le reptile éveillé. Toujours attentif. Il ne s’éclipsait plus depuis l'attaque une semaine plus tôt.


*


Depuis des milliers d’années, les bassins s’étaient taris, n’engendrant plus de nouveaux reptiles. Et, les siècles passant, tous ceux de la cité avaient trouvés la mort. Uns par uns. Jusqu’à ce que Keg’zalt ne finisse seul. Dernier survivant d’un monde révolu.

Mais l’espoir renaissait. Au fil des jours, il voyait les amphibiens grandir sous ses yeux, évoluant sous la surface de l'eau. Les plus téméraires venaient déjà happer au vol les libellules qui flânaient au bord de l'onde. Dans une lune à peine ils seraient assez grands et forts pour émerger.

Si le caméléon restait de longues heures immobile, son esprit lui bouillonnait. Quels étaient les projets des anciens disparus ? Pourquoi donner redonner vie à leur espèce éteinte ? Avaient-ils réellement anticipés qu’il serait seul pour accueillir cette nouvelle génération ? Serait-il capable de leur transmettre ses propres connaissances ? Encore eu-t-il fallut qu’il se rappelle comment communiquer. Il n’avait pas articulé un mot depuis plus d’un demi-millénaire. De plus… il était peut-être encore tôt pour se projeter dans l’avenir. Keg’zalt était âgé. Très âgé. Mais il avait des souvenirs très précis sur le sort à réserver aux portées difformes. Et si ses espoirs devaient n’être que des mirages, la lame ébréchée à son flanc ne lui ferait pas défaut.



*



- Elle existe ! S'écria-t-il.

Titubant d'émotion, la poignée de primates franchit les colonnades délimitant jadis les portes de la cité.

- Elle existe ! Elle existe elle existe elle existe ! J'vous l'avais bien dit bande d'idiots !

Et pour ponctuer sa déclaration, il alla embrasser le crâne dégarnit d'un de ses compagnons à bout de souffle. A la différence du reste du groupe, le spécimen le plus loquace n'était pas affublé d'un lourd paquetage et allait déjà s'aventurer dans les premières ruelles. Maugréant, les autres lui emboîtèrent péniblement le pas, dégoulinant de sueur en quittant la jungle étouffante.

- Suivre les dessins gravés sur le mur d'une ruine… tu parles d'une idée…

- Une idée à la con, surenchérit son voisin. Pourtant il a vu juste… et tu me doit trois pièces.

- J'ai l'air de les avoir sur moi ?

Alors que les sherpas suivaient leur ‘guide’, ils ne remarquèrent pas l'ombre toute proche glisser dans les fougères.

- C'est tout bonnement incroyable, poursuivit le premier primate. Quel genre d'homme a bien pu vivre dans un tel endroit ?

- Hey l'génie, et si tu arrêtais de baver sur ce que tu vois pour plutôt nous dégotter où on va récupérer d'l'or ?

- De l'or, oui oui de l'or… répéta le guide sans réellement l'écouter, ébloui par les baraquements dévorés par le lierre. Même après tant d'années ils résistent au ravages du temps, pensa-t-il à voix haute.

Exaspérés, les suivants déposèrent leurs paquetages à l'ombre d'une statue éboulée. D'un œil mauvais, le premier des trois larrons murmura en désignant l'illuminé du menton :

- Nikolas, tu crois pas qu'on devrait l'planter là ?

Ces deux complices échangèrent un regard étonné, puis lorgnèrent eux-aussi vers le quatrième de leur groupe.

- On s'est trimballés tout l'bardas pendant des semaines à travers la jungle pendant qu'y crapahutait devant. Dévorés par les moustiques, empêtrés dans les marais, a bouffer des saletés avariées…

- Bouffés par les sangsues… ajouta Nikolas en reniflant.

- Bouffés par les sangsues, acquiesça le premier en hochant la tête.

- Et aussi Aie !

Le-dis Nikolas se claqua le mollet en pestant. Mais le mal était fait et la piqûre lui brûlait déjà la peau.

- Foutu pays de mes deux !

Les quatre primates progressèrent dans les allées désertes de la cité. Sans remarquer l'ombre silencieuse qui longeait leur avancée.

- Deux pièces qu'on trouve de l'or avant ce soir ! relança l'un des porteurs en sortant d'une bâtisse vide.

- Tenu !

- Tu m'devras bientôt deux pièces de plus, ricana-t-il. Y'a de l'or dans cette ville. J'le sens. Et…

Il fit un bond en avant tout en poussant un glapissement minable. Les autres sursautèrent alors qu'il frottait vigoureusement son postérieur.

- Foutu moustiques ! s'écria-t-il. Comment un si petit truc peut-il faire aut…

S'arrêtant en pleine tirade, il se pencha pour ramasser par terre un petit objet. L'étudiant le nez collé à la main, il fronça les sourcils.

- Qu'est-ce ? s'étonna Nikolas en approchant.

Sans un mot, il lui montra ce qu'il tenait. Une petite aiguille. Un filet de sang était tracé sur sa paume par la pointe de celle-ci.

- C'est quoi ces conneries ?

- Un aiguillon, murmura le sherpa à calvitie. Un aiguillon…

Perdant toutes couleurs, il se rua sur son paquetage et s'empressa d'en tirer une machette. Il dégaina son arme devant ses compagnons, surpris par sa réaction, comme il scrutait les hauteurs des toits environnants.

- Allez repartons, déclara citadin d'un ton jovial. J'ai hâte de découvrir des…

- Silence ! ordonna Nikolas avec autorité. Vous…

Un hoquet l'interrompit à son tour. Tous se tournèrent vers lui alors qu'un nouveau haut-le-cœur lui agitait les épaules. Il s'appuya sur le mur proche pour conserver son équilibre, se cachant la bouche du dos de la main.

- Nikolas ? Sa…

Mais il tomba brusquement à genoux et laissa échapper une gerbe écarlate. Pris d'une violente quinte de toux, il se maintint un instant dans cette posture comme aucun n'osait l'approcher. Tétanisés. Puis ses inspirations devinrent un sifflement aigu comme il tentait de respirer. Mais un nouveau soubresaut l'agita, suivit d'une crise de vomissement supplémentaire. Il s'effondra enfin, tremblant quelques secondes avant de finalement s'immobiliser dans un dernier sifflement étouffé.

Paralysés par cette scène qui n'avait duré que quelques instants, les survivants échangèrent des regards paniqués. Blêmissant à vue d’œil, le sherpa tenant l'aiguillon le lâcha comme s'il venait d'être brûlé.

- Foutons le camp ! s'écria son camarade.

Toutefois, le primate qu'ils avaient guidé jusque là protesta vivement :

- Il n'en est pas question ! Nous sommes si près du but et nous…

Il fut happé en pleine protestation par un choc sourd qui le projeta en avant. Hébété, ses deux interlocuteurs le virent s'affaisser sans un bruit. Un long manche de bois lui traversait l'abdomen, la pointe acérée lui ressortant sous le torse de plus d'une dizaine de centimètres. Sans demander leur reste, les deux rescapés tournèrent les talons et fuirent dans la direction opposée.

Mais à peine une dizaine de minutes plus tard, l'un des sherpas fut à son tour pris d'une quinte de toux. Alors que son compagnon dégarni l'exhortait à continuer, il s'effondra et vida ses tripes. Jurant, il l'abandonna à son sort et prit ses jambes à son cou. Il ne savait pas qui les agressait. Il ne savait pas pourquoi. Mais il n'en avait cure. Il ne voulait que quitter cet endroit de cauchemar et retourner à la sécurité toute relative de la foret vierge.

A bout de souffle, il déboula à un embranchement et prit le temps de calmer sa respiration. S'essuyant le front dégoulinant de sueur, il parcouru les trois allées du regard. Mais aucun signe de leur invisible assaillant.

- Foutue cité, cracha-t-il en reculant pas à pas.

Un clapotis dans son dos le fit brusquement sursauter. Il fit volte-face et découvrit un bassin artificiel dans lequel gisait une souche imposante. Une brise rafraîchissante provenant de l'eau stagnante vint le cueillir au visage. Étonnamment, elle n'était pas verdâtre comme les marais tout autour, mais d'un bleu trouble où s'agitaient quelques ombres.

Un sifflement soudain trahi le projectile furtif. Il plongea en avant pour éviter la javeline qui passa au-dessus de lui. Recrachant une gorgée d'eau fraîche, il se redressa et secoua la tête. Prêt à bondir de côté, il parcourut les ruelles du regard. Mais toujours aucun signe de… lentement sa mâchoire s’abaissa lorsqu'une silhouette se détacha des pierres d'un mur face à lui. La couleur de ses écailles virait au vert foncé, plus clair sur l'abdomen. Un reptile bipède était pendu d'un bras à l'arrête du toit. Il se laissa tomber au sol, fixant le primate de ses yeux globuleux et dépourvus de paupières.

- Approche pas ! s'écria-t-il en menaçant l'étrange créature de sa machette. Approche pas ou je coupe en rondelles !

Enfoncé dans l'eau jusqu'aux hanches, il recula pas à pas pour s'éloigner du monstre ignorant ses menaces. Jusqu'à ce que son talon ne bute contre quelque chose qui reflua à son contact.

- Que…

Levant les bras, il réalisa finalement qu'il n'était pas seul dans le bain. Une multitude de créature se cachait sous la surface de l'eau. Il abattit son arme un grand coup, tentant de donner un coup de pied à l'une d'elle qu'il aperçut entre deux reflets de lumière. Malgré ses mouvements ralentis par l'eau, il parvint à toucher sa cible qui passa une seconde à la surface. Un autre reptile. Pas plus gros qu'un chiot.

- T'approches pas ! s'écria-t-il à nouveau en revenant au bipède, arrivé aux pierres délimitant son bassin. J'te coupe en rondelles !

Dos au muret opposé, il pointait son arme vers le caméléon immobile. Attentif. Le reptile avait remarqué le remous au pied du primate paniqué. Pas celui-ci.

Dans une grande éclaboussure, une forme sombre jaillit soudain de l'eau. Surpris, le dégarni ne put frapper cette nouvelle menace qui s'accrocha à son torse avant de peser de tout son poids. Il sentit plus qu'il ne vit la profonde griffure qui lui parcourut le visage du front au menton. Battant des bras, il s'effondra lentement contre la paroi comme un étau implacable se resserrait sur sa gorge. Il poussa un cri étranglé en disparaissant sous l'eau, entraîné par la bête moins pesante que lui mais faisant preuve d'une force prodigieuse.

Immobile, Keg'zalt observa les dernières bulles d'air remonter à la surface du bassin agité de derniers tourbillons qui se teintait de rouge. Il resta un long moment à méditer ce à quoi il venait d'assister.

Dans ce bassin ne venait pas seulement de renaître une génération d'homme-lézards. Un frère de couvée, bien plus puissant, se trouvait parmi eux.


Dernière édition par vg11k le Mer 5 Juil - 12:04, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://vg11k.tumblr.com/
Teotiqax
Apu-Kroxigor
avatar

Nombre de messages : 908
Age : 1019
Localisation : Zlatlan
Date d'inscription : 19/09/2011

MessageSujet: Re: Abandonnés des cieux   Mer 5 Juil - 2:18

Je l'avais presque oublié ce récit... merci vg11k de mettre la suite biggrin

Du coup que dire... sur la forme je n'ai rien vu. Pas de fautes, de mauvaise syntaxe...

Sur le fond j'ai un ou deux détails qui me troublent: déjà un skink caméléon qui a au moins 5 siècles... les skinks vivent rarement plus de 100 ans happy ce sont les saurus et les Slanns qui ne meurent pas de vieillesse. Bon l'autre détail moindre c'est que les skinks caméléons sont plus sarbacanes que javelines mais c'est rien happy.

Et d'un point de vue personnel... des oiseaux (même si je sais que maintenant on dit plus reptile ou oiseaux mais sauropsides, enfin c'est un micro-détail) aussi grand en Lustrie... je ne suis pas sûr que ça existe, ce sont les reptiles volants qui font la loi. Donc pas de plumages ou autre happy

Et enfin dernier point... ça serai bien de savoir environ où on se situe sur le Calendrier Impérial parce que il y a une expédition en Lustrie mais des impériaux, des bretonniens...? (oui je chipote)

Voilà mais sinon excellente suite, j'ai hâte de voir ce qui viendra Smile
Et surtout n'hésites pas à décrire plus (les vêtements et tout ça, ça aide^^)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
vg11k
Têtard
avatar

Nombre de messages : 8
Date d'inscription : 31/03/2016

MessageSujet: Re: Abandonnés des cieux   Mer 5 Juil - 10:27

Teotiqax a écrit:
un skink caméléon qui a au moins 5 siècles... les skinks vivent rarement plus de 100 ans
bizarre. Je n'ai pas le LA sous la main mais j'avais lû l'histoire d'un caméléon qui avait été piégé dans une cité de Lustrie, hors du temps, et qu'il y était resté durant des siècles avant de profiter d'une faille pour s'en échapper. Suite à cela il avait rejoint la 'civilisation lézard' sans jamais expliqué ce qu'il avait vécu. Et même là il avait vécu un temps considérable...
Après, c'est peut-être une exception qui confirme la règle. Ou son séjour dans la cité perdue a changé son métabolisme...

Teotiqax a écrit:
les skinks caméléons sont plus sarbacanes que javelines
toutafé. Cependant je souhaitais rendre plus crédible cet individu ayant survécu aussi longtemps seul. Une sarbacane c'est cool, mais s'pas fait pour la chasse au gros. Surtout si le-dis gros est lui-même habitué aux poisons et maladies de la jungle. Du coup je me suis permis un peu d'originalité avec des javelines biggrin

Teotiqax a écrit:
des oiseaux [...] aussi grand en Lustrie... je ne suis pas sûr que ça existe
ben en fait... comment dire... j'ai jamais dit que cela se passait en Lustrie icon_mrgreen

Teotiqax a écrit:
ça serai bien de savoir environ où on se situe sur le Calendrier Impérial
mmmh, a la louche je dirais qu'on se trouve quelque pars vers 2400 du calendrier impérial.

Teotiqax a écrit:
les vêtements et tout ça
d'un point de vue lézard, les primates portaient simplement des emballages encombrants. Les lézards en eux-même, en dehors des armures d'os et parfois des pagnes je les ais jamais vu ou lus porter autre chose huh
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://vg11k.tumblr.com/
Teotiqax
Apu-Kroxigor
avatar

Nombre de messages : 908
Age : 1019
Localisation : Zlatlan
Date d'inscription : 19/09/2011

MessageSujet: Re: Abandonnés des cieux   Mer 5 Juil - 16:23

Alors oui, Oxyolt est passé dans le royaume du chaos, c'est pour ça qu'il est vieux^^ enfin il me semble, mais d'après ce que j'ai vu c'est ça happy

Oui il est vrai que pour les javelines j'ai vraiment cherché la petite bête x)

Il est vrai mais en dehors des terres du sud on ne trouve des sakamins qu'en Lustrie et là où vivent nos chers lézards c'est des reptiles et pas des oiseaux qui font la loi (oui je sais je tatillonne) biggrin

Oui bien sûr je comprend pour les vêtements mais je pense qu'une petite description ne ferai pas de mal (juste les couleurs par exemple, ou les ornements pour les lézards comme nos boucles d'oreilles et tout)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
vg11k
Têtard
avatar

Nombre de messages : 8
Date d'inscription : 31/03/2016

MessageSujet: Re: Abandonnés des cieux   Mer 5 Juil - 16:28

Teotiqax a écrit:
Oxyolt est passé dans le royaume du chaos, c'est pour ça qu'il est vieux
dac. Du coup, histoire d'avoir une histoire avec moins de trous vis à vis du lore officiel que mes précédents textes, je tacherais de justifier son énorme longévité. Cela peut devenir une bonne intrigue d'ailleurs =D

Teotiqax a écrit:
en dehors des terres du sud
en tant que "Gardien d'éternité de la cité de Zatlan" tu sais du coup dans quel coin se passe cette histoire si ce n'est pas en Lustrie

j'en prends note pour les ornements ;-)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://vg11k.tumblr.com/
Teotiqax
Apu-Kroxigor
avatar

Nombre de messages : 908
Age : 1019
Localisation : Zlatlan
Date d'inscription : 19/09/2011

MessageSujet: Re: Abandonnés des cieux   Mer 5 Juil - 16:32

Excellente idée, puis dans le monde de Warhammer tout est possible happy (et en temps que personne qui aime écrire aussi je te le dis... très bonne intrigue oui)

Je vois, faut que je révise ma géographie des Terres du Sud alors x)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
vg11k
Têtard
avatar

Nombre de messages : 8
Date d'inscription : 31/03/2016

MessageSujet: Re: Abandonnés des cieux   Mer 5 Juil - 16:43

Teotiqak a écrit:
faut que je révise ma géographie des Terres du Sud alors
pas trop non plus. Je situe cette histoire dans les Terres du Sud, mais je me créé une cité abandonnée pour l'occasion. Si je m'efforce et m’efforcerais de la garder lore-friendly, celle-ci ne sera donc nullement officielle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://vg11k.tumblr.com/
vg11k
Têtard
avatar

Nombre de messages : 8
Date d'inscription : 31/03/2016

MessageSujet: Re: Abandonnés des cieux   Sam 22 Juil - 19:47

Ce n'est malheureusement pas la suite de mon récit. Cependant je vais l'attaquer bientôt, mais une question me taraude et justifie mon double-post pour obtenir une réponse rapide.
(je fusionne ce post avec mon précédent dès qu'un nouveau post suivra).

Saurus, Krokx et skinks naissent dans les bassins de frai. Lorsqu'ils en sortent, ils ont déjà une taille adulte. Taille qui peut légèrement grandir avec les siècles dans le cas des saurus et probablement se terminer dans les années qui suivent pour les krokx. Vu les mastodontes je les vois mal batifoler dans les modestes bassins jusqu'à atteindre les 4m du museau à la queue...
Il est clairement défini que tous savent d'emblée réaliser les tâches courantes généralement assignées à leurs races : éclaireurs et assistants pour les skinks, les travaux liés aux bâtiments pour les krokx et la guerre pour tous, même si les saurus s'illustrent de loin dans ce domaine.

Cela pas de souci.


Mais qu'en est-il non pas de l'inné mais de l'acquis ? Voient-ils le jour en ayant une connaissance complète de leur panthéon, Sotek et les autres divinités confondues ? Connaissent-ils d'emblée les noms des illustres prêtres skinks de leur cité ainsi que de leurs mages Slanns ? Et surtout : savent-ils déjà communiquer ? Connaissent-ils dès la naissance le langage "parlé" et corporel (regard, crête, membres, posture..) ? Je serais d'avis que non - pour le parlé du moins, l'instinct vient peut-être s'exprimer sur le corporel - et qu'un temps auprès d'autres skinks faisant office de "précepteurs" durant leurs premières semaines est nécessaire, mais j'ai peur de me tromper.

Du coup, avant de me lancer tout doucement dans un nouveau chapitre, si je pouvais avoir votre avis reptilien sur le sujet, je vous en serais très reconnaissant biggrin
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://vg11k.tumblr.com/
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Abandonnés des cieux   

Revenir en haut Aller en bas
 
Abandonnés des cieux
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» sorcier du domaine des cieux
» Le vieux village et son temple abandonné
» Le petit chat abandonné
» Ah ! C'est pas abandonné par Blizzard !
» Mine abandonnée

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forum du PPHL :: Temple des mémoires :: Récits-
Sauter vers: